Postulat et démarche psychanalytique

 

Postulat et démarche psychanalytique

La démarche analytique s'appuie sur l'ensemble des postulats et la corrélation symbolique.

Être en démarche psychanalytique implique d'aller vers l'intégration.

Ces outils de perceptions et leurs utilisations peuvent s'entendre comme :

« des garde-fous »

Nous avons pu remarquer combien tous les postulats s'interpellent dans une complémentarité, une globalité.

Ainsi quel que soit l'événement, les symptômes, ils sont à passer au crible de l'ensemble de nos compréhensions. -- plus nous nous donnons les moyens d'être dans notre ressenti au présent -- plus nous positionnons de corrélation symbolique, plus nous intégrerons de postulats.

 

Précisons l'anima, l'animus non intégrés

L'Anima -- l'Animus est un archétype, double comme il se doit dans nos perceptions, ils forment un ensemble indissociable (Carl Gustave Jung).

Leur fonction -- ce qui anime l'être -- s'entend dans la notion de pulsions freudiennes (même s'il ne l'a pas toujours exprimé clairement) , il s'agit des deux formant de la pulsion soit l'emprise et la satisfaction (Paul Denis) une partie féminine (l'emprise) une partie masculine (satisfaction ou libido).

 

La pulsion initiale -- en rapport à la vie en l'être -- se perçoit donc sous deux axes indissociables (en tout être). Mais les perceptions erronées au niveau du patrimoine émotionnel et affectif de l'humanité nous proposent de les dissocier, puis d'en rechercher les effets -- dans l'autre quel qu'il soit -- (en utilisant les signifiants : amour de l'autre, empathie, solidarité, lien social ou de famille...)

L'autre quel qu'il soit ne peut nous donner cela, chaque être l'a en lui -- pour lui-même --. Ce qui n'exclut pas au niveau -- de la vie -- (ce qui est naturel) d'échanger des complicités et du plaisir. Mais apprécier, ce qui s'échange ou plus souvent ce qui espère s’échanger ne peut se dire, aimer l'autre, au mieux dans cette approche en conscience j'apprécie ce qui s'échange.

 

Ainsi les formulations d'Anima non intégrée ou indifférenciée, d'Animus non intégré ou indifférencié présentent notre façon maladroite d'entendre et d'utiliser ce qui nous anime – l’Âme -- qui se signifie comme le réel, c'est-à-dire qu'elle ne peut qu’échapper à nos perceptions extrêmement limitées, d'ailleurs fussent-elles, ces perceptions, tout d'abord employées dans toutes les potentialités qu'elles nous offrent. (Ce qui n'est pas le cas dans la normalité des groupes que nous formons.)

Ainsi pour préciser au quotidien notre façon maladroite d'expressions de ce qui nous anime nous pouvons employer et étudier  les comportements masculins et féminins dans l'être (toujours double, jamais l'un sans l'autre.)

 

Chacun de nous façonne au niveau inconscient une image idéale de ce qui est attendu de l'autre et quand l'occasion : l'objet -- le portemanteau (c'est-à-dire l'objet que nous voulons aimer ou plutôt qui doit nous aimer) se présente, cette image construite est projetée sur cet être qui parfois peut donner, par effets d'illusions, l'impression de répondre à notre demande... L'autre peut être là, mais dans un autre but, il joue sur un autre film avec des intentionnalités différentes mais il faut bien dire -- souvent en harmonie complémentaire et pathologique non dite -- (chéri e nous allons construire de la souffrance) surtout quand se désire et se forme l'idée de construire un couple ou une relation.

 

Ainsi il suffirait d'accueillir notre relation à l'autre pour ce qu'elle est au présent, ce qu'elle est hors projections...

L'homme mais aussi la femme  ont tendance à sacraliser l’imago maternelle qui se pose sur les images ou objets : la mère, la femme, la partenaire, la sœur... En lui supposant les attributs de l'Anima, cette sacralisation -- qui n'a pas lieu d'être -- dans le plan de vie sur cet objet, permet ensuite toutes les erreurs et « délire » de perceptions et de réactions... S'installent alors des formes de dévotion, de soumission, plus ou moins aveugles face à l'autre, nous sommes là dans la formulation de l'anima non intégré.

Sur l'autre versant s'entend la tendance à sacraliser l'image paternelle, le père, l'homme, le partenaire, le frère, le tribun, l'orateur, le maître, l'artisan, l'artiste, le sage, les  médiateurs d'un savoir, d'une connaissance, d'un exploit à la mode... En lui supposant les attributs de l'Animus, cette sacralisation implique le désir d'identification, de possession, afin d'en obtenir la puissance projetée. L'individu aveuglé est alors chevauché par les lois, les vérités, les dogmes que propose l'animus non intégré.

 

L'âme (l'Anima - l'Animus)

Ce sont des images archaïques qui nous présentent L'Archétype, ce qui anime, l'âme, l'Anima Mundi... L'Archétype... Nous ne pouvons pas le percevoir, nous ne pouvons pas en parler, nous en sommes pourtant imprégnés -- impressionnés -- et nous essayons de décrire nos impressions au travers de nos filtres d'expressions infiniment réductrices.

 

Mais en se confrontant à ce qui nous imprègne, à ce qui nous impressionne -- par la conscience qui s'en forme -- nous en sommes de plus en plus impressionnés en conscience...

Il peut en résulter en fin de compte un grain de sable, de conscience, d’Être, quand nous nous donnons les moyens parfois « de lui donner forme », celui-ci a le mérite d'être et de savoir qu'il est, et ainsi d'entendre un peu ce qui l'anime.

 

Présentons une autre forme d'impression ou regardons, en fin de vie, cette dépouille mortelle, post-mortem, ce cadavre, une dépouille, ce qui reste là, qui s'offre à notre réflexion.

La mécanique est là, l'ensemble des fonctions était animé... Et là, c'est éteint, l'âme n'est plus là. La vie et ses motivations s'en sont allées, le sac, la mécanique est là, mais c'est vide et inanimé... Et par ce manque d'animation, la décomposition se met en place pour un retour à la matière.

L'âme s'en est servie... Et pourtant ce qu'il y avait dans la matière, animée par l'âme, a ou avait la possibilité d'être d'autant plus animée par l'effort et les motivations qu'elle suscitait...

L'être a les possibilités de s'animer -- de concert -- à l'âme qui l'anime ou de ne prendre que peu ou même pas, de conscience de cette vie.

La vie n'est pas la mécanique de la dépouille fut-elle  sublime cette dépouille dans son ingéniosité, ce n'est pas la mécanique qui se meut, c'est l'âme qui s'y pose, qui propose peut-être (nous pouvons le supposer) à l'être, de s'éveiller et de prendre un peu plus conscience de ce qui l'anime, lui, et tout ce qui l'entoure.

L'âme, le côté émotionnel, de sensibilité profonde, implique néanmoins une forme d'essentiel -- d'essence -- de sens -- à la vie...

L'approche en démarche psychanalytique c'est l'étude de ce qui nous anime et de ce que nous pouvons en faire, excessivement peu parfois...

Les religions, notamment celle de l'amour de l'autre et souvent de celui du grand Autre, toutes ces religions se prévalent de savoir ce qu'est l'archétype et de plus d'en être, les médiatrices privilégiées.

La démarche psychanalytique permet de préciser qu'elles ne sont que des formations résiduelles de l'utilisation des processus intuitionnels dans l'être... (Jung), Lacan nous propose comme signifiant : le féminin, dans l'être (et ses jeux de suppléance.) L'expression humaine de l'Éden et des figures d'Adam et Eve nous proposent de percevoir le côté féminin et le côté masculin dans l'être qui désirent s'accaparer de la toute-puissance et de la vie éternelle.

En fait, une erreur de perceptions infantiles que nous pouvons, chacun pour soi, modifier en posant notre attention sur ce qui nous anime, la vie.