L'emprise et le féminin en nous.

 

(L’adolescence interminable  dans l’être qui se joue à s’attarder dans l’expérimentation des limites de la relation à l’autre.) [1]

 

Le féminin joue avec notre travail analytique... Il s'arrange pour nous aider à ne percevoir qu'une partie des situations, il s'arroge le droit à en modifier le sens, toutes les interprétations possibles. Cela est plus probant lorsque l'être ne se positionne pas dans un désir de vie, dans un changement effectif qui corresponde à ce qu'il est et ce qu’il a profondément.

Le féminin cherche à mettre en place des comme si, des faire semblant, nous allons faire comme si nous étions en démarche psychanalytique. À un autre  moment le féminin en moi, sur un plan constructif, me propose de préciser une projection, celle d'un jeu émotionnel/affectif sur un objet.

 

[1] Cf. Le concept d’ENI, Au nom de l’Amour (Evelyne Tapie -- René Bommelaere

 

 

Le féminin dans l'être

 

Le féminin dans l'être nous interpelle dans l'art du fallacieux, des faux-fuyants, du verbe, de l'estompage, de la défocalisa-tion, de l'esbroufe. Il propose l'apogée du comme si, de la mascarade, (pas sans parade.)

Voilà à quoi peut servir le féminin en l'être, cette forme d'utilisation résulte, à ce niveau, de l'ensemencement de la bêtise universelle :

Par le commerce relationnel qui s'échange dans ce que l'on peut nommer, l'émotionnel-les sentiments, marqués par le désir --. Cela implique la prostitution de l'être, l'agressivité, la futilité, la convoitise, la sécheresse,...

Il propose là, l'argent facile, l'oisiveté, la soi-disant gloire, le vide, l'apparence puis toutes les formes de dégénérescences -- inconscientes et intenses -- voilà la façon de l'employer au quotidien dans notre vie, cela ne demande pas d'efforts...

L'autre face du féminin, l'expression de la féminité de l'être, s'interpelle dans l'effort, parfois avec une certaine inconscience, ce sont d'ailleurs les perceptions de ces prémices qui peuvent nous inciter à s’y poser en conscience.

L'effort donc de se positionner, en attention, afin d'accueillir les bases d'évolution de vie, d'écoute, d'appréhension de ce que nous avons à entendre, là, ce situent nos capacités de communications avec intelligence, à l'enseignements de vie, et les facultés d'éveil à la sensibilité qu'elle propose.

La féminité nous permet de vibrer dans le plaisir de l'effort, celui de se construire, le plaisir d'y être pour quelque chose, là, par évidence nous sommes dans l'art, dans l'expression d'accueil de l'art, dans l'expression du sacré de la vie...

Mais la seule façon -- dans la simplicité -- c'est de s’y poser, d'y être, d'accueillir, d'agir, en fait, tout simplement de vivre.

 

« La femme » (le déguisement du féminin pour la gloire d'une supposée emprise) n'est qu'un leurre, elle n'a pas d'existence, de consistance, « la femme n'existe pas » Lacan, comme d'ailleurs son pendant, son vis-à-vis, l'être femellisé qui se joue à "l'homme",

le petit homme des déesses mères, le pantin, l'automate, le guignol, le héros à maman...

Ainsi pas de mascarade sans parade. Le tout -- dans l'inconscience -- tributaire des effets de suppléance, garant du délire collectif -- nous l'appellerons pudiquement fantasme, là, normalisés, estampillés, aveuglés par les artifices, nous pouvons en crever sans désirer le percevoir.

L'Homme existe, mais comme l'Être ou le Sujet (porteur sexué mâle ou femelle) il suffit de décider d'advenir, d'y être pour quelque chose -- simplement humain --.

 

Quand Jacques Brel avec perspicacité chante, dans L'air de la bêtise, cette chanson pourtant la moins connue est néanmoins une des plus – brillantes -- de ses oeuvres :

« Les putains, les vraies, sont celles qui font payer, pas avant, mais après ! »[1]

Il précise l'intentionnalité, le sens, mais là, c'est moi qui exprime et interprète:

« l'institution du mariage civil ou/et de religion propose, absout et bénit la prostitution dans ce contexte. »

Ne serait-ce pas une forme d'hypocrisie de ne pas vouloir l'entendre.

De plus, le fait d'engagement -- à vivre ensemble -- interpelle les mêmes programmations.

« Ni croire, ni ne pas croire, mais expérimenter ! »

(Carl Gustave Jung) 

C'est ce que j'ai fait, je fais, j’écoute et cela va de soi que la normalité sociale nous propose ces jeux dans toutes les formulations de couple... ou groupes.

 « Vendre son âme au diable » ceci n'est qu'une métaphore bien que... L'action explicite de la dite prostitution sur la voie publique en elle-même est un acte de commerce clair et précis. L'implicite et l'inconscient -- non reconnus – eux, sont porteurs de pathologies plus conséquentes. Là, la culture, la société, deviennent «  La mère maquerelle », les églises fussent-elles millénaires en sont d’autres. La distribution des rôles oedipiens se propose – à tous les étages du groupe humain…

 

 

Le féminin et la suppléance :

Le féminin dans l'être propose une capacité de suppléance, ses capacités permettent de construire une représentation, une réalité vécue non objective qui peut par suite être mémorisée comme une vérité.

Cette  construction : perception -- représentation -- réaction peut être mise en place -- à tort, à raison -- avec les instances surmoïques pour élaborer et conforter, pérenniser une décision.

Cela s'utilise avec aisance sous l'égide de la névrose, face au dilemme du choix, de la décision en conscience... ainsi, si les instances surmoïques sont prioritaires (les désirs de toute-puissance et le regard des autres mis en avant), nous pouvons nous prouver à l'aide d'une perception construite -- sous forme de justifications de conduite -- que la représentation vécue est profondément objective.

Par suite je peux tout faire pour croire à cette réalité objective afin d'affirmer que je dois rester dans cela ou que je dois choisir cette voie là et que j'ai raison de faire ce choix Je peux donc le répéter, le dire à l'autre, afin de m'en persuader de plus en plus.

Aussi quand le doute parfois s'installe, je reviens -- en rappel -- à cette suppléance construite. Elle sert, nous le comprenons, à entériner notre plan de conduite pour positionner les intentionnalités de toute-puissance que nous avons projetée et dont nous ne voulons pas nous séparer.

Je précise donc face à un choix, je me crée un film, une situation qui répondra aux désirs surmoïques, par suite je peux désirer entériner le film construit que je peux réutiliser pour chasser les éventuels doutes. [2]

 

[1] PS : La prostitution c’est au moins à deux sinon plus qu’elle se vit…

 

[2]  « Ici se pose le besoin de se prouver d'avoir perçu -- la vraie vérité -- quant à l'autre, afin de ne pas oublier la justification de notre animosité... »

 

La suppléance :

Elle implique  le féminin dans l'être, dans sa capacité à inventer des histoires, d'y croire et de désirer vouloir y entraîner les autres.

Quelles sont -- les histoires-souvenir -- auxquelles nous tenons le plus ou que nous avons vécu ces derniers temps?

 

Voici un quaternio qui peut être aussi bien utilisé :

 

-- D'une façon inconsciente négative :

l'imprégnation -- l'impression -- imprimer -- mémoriser –

                                                                                                  (l'imprimatur pérennisé)

-- Que sur un plan constructif et positif !

s'imprégner -- s'impressionner – s’imprimer – et mémoriser en conscience

La seule différence est que là ( à ce niveau de perceptions) il  y a une marque de Sujet. (s’)

 

 

Les simulations :

L'utilisation des simulations pour se grimer dans un rôle, pour imposer notre scénario implique des possibilités de réponses, plus ou moins inconscientes, pour faire face aux situations soient :

--  des réponses aux conséquences de l'hontologie (sauver la face) « être pris la main dans le sac et détourner l'attention à l'aide de la mise en place d'un symptôme »

--  ou des réponses à des choix, des décisions sur lesquelles l'individu ne sait pas agir pour lui, là, les processus incons-cients pathologiques créent cette suppléance...

La suppléance, une fantasmagorie qui amène l'individu à se vivre -- dans le subjectif -- en se croyant dans la réalité objective... C'est alors pour lui vécu comme une vérité, une certitude indiscutable, car cette construction s’inscrit sur -- les ferments fondateurs -- sur lesquels s'étayent et se justifient, le choix, la décision.

Nous sommes dans une forme transférielle où l'être est totalement aveuglé par les processus inconscients.

Le choix, cette décision, nous le précisons est une réponse des processus inconscients masqués par les jeux de pouvoir et d'espoir de toute-puissance mis en place (jeux de pouvoir qui restent les garants, l'assurance de la réussite espérée.)

D'où les résistances au changement et la réponse qu'ils impliquent.

 

Rappel : C'est dans la dynamique de l'action que le sujet prend forme. L'inhibition d'action, les réactions, freinent et bloquent l'évolution au bénéfice des instances surmoïques...

Nous pouvons préciser que l'imaginaire est au service des intentions intuitives prévaricatrices, quel que soit le scénario et les jeux d'acteurs élaborés dans le cadre de la suppléance (un processus inconscient.)

 

 

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